Rongeurs : choisir une stratégie ciblée

Vous soupçonnez la présence de rongeurs chez vous et ne savez pas quoi faire ?
Ci-dessous les réponses aux questions que l’on nous pose souvent et que vous vous posez peut-être.

Les rongeurs qui vivent aux dépens de l’homme sont appelés rongeurs commensaux. Les espèces les plus courantes sont :

  • La Souris domestique (Mus musculus) : C’est un petit rongeur, très répandu et souvent trouvé à proximité ou directement dans les habitations (caves, greniers). Elle est particulièrement curieuse et peu méfiante, mais est capable de se glisser dans une ouverture de seulement 6 mm.
  • Le Rat brun (ou Surmulot) (Rattus norvegicus) : Il est plus grand et plus lourd que le rat noir. Il est connu comme le « rat d’égout » car il aime les lieux humides et creuse des terriers ou des galeries au niveau des sous-sols ou aux abords des bâtiments.
  • Le Rat noir (ou Rat des greniers) (Rattus rattus) : Ce rat est un excellent grimpeur et cherche plutôt à s’enfuir par le haut. Il niche souvent en hauteur, dans les greniers, les toits ou les charpentes, préférant les endroits secs et chauds. Sa queue est toujours plus longue que son corps.
  • Le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) : Bien qu’étant un rongeur des champs et des bois, on peut le trouver dans les parcs, les jardins, mais aussi dans les greniers ou garages. Il est un peu plus grand que la souris domestique.

Les rongeurs représentent un triple danger :

  • Risques sanitaires : Ils sont porteurs et vecteurs de nombreuses maladies, dont certaines sont transmissibles à l’homme (zoonoses). La leptospirose (ou maladie du rat) est une maladie bactérienne grave qui se transmet principalement par l’urine des rongeurs dans l’eau ou sur les surfaces.
  • Dégâts matériels : Leurs incisives poussent continuellement (jusqu’à 13 cm par an pour le Surmulot). Ils sont obligés de ronger pour les user. Ils causent d’importants dégâts aux structures et aux installations électriques (PVC, aluminium, parfois béton). Jusqu’à 20 % des incendies sont imputables aux rongeurs qui rongent les câbles.
  • Contamination des denrées : Les rats et les souris souillent environ 10 fois plus de denrées qu’ils n’en consomment.

Leurs habitudes nocturnes rendent l’observation difficile, mais il existe des indices clés :

  • Les excréments (laissées) : La forme et la taille des excréments permettent d’identifier l’espèce. Les déjections de rat noir sont en forme de « goutte d’eau » (8 à 12 mm). Celles de souris sont très fines.
  • Traces de passage : Vous pouvez repérer des traces de suint (graisse et saleté) le long des murs ou sur les poutres, laissées par le frottement de leur corps.
  • Bruits : Des bruits de grattage ou de course dans les murs, les faux plafonds ou les combles, surtout la nuit. Les rats et souris peuvent aussi émettre des cris et sifflements.
  • Odeurs : Une odeur d’urine forte et très concentrée, surtout en cas d’infestation de souris.
  • Dégâts visibles : Marques de rongement sur les emballages, les câbles ou les matériaux de construction. Le rat brun peut se glisser dans une ouverture de seulement 12 mm.

Les rongeurs sont attirés par trois éléments principaux :

  • La nourriture : Tout ce qui est comestible et odorant les attire. Le rat brun est omnivore et se nourrit de déchets domestiques et de réserves de nourriture. La souris mange de tout (omnivore).
  • L’eau : Les rats (rats bruns et rats noirs) ont besoin de boire tous les jours. L’eau stagnante ou les fuites doivent être éliminées.
  • L’abri : Ils recherchent des endroits cachés et abrités où ils peuvent nicher. Le rat noir aime les greniers chauds, tandis que le rat brun préfère les lieux humides (sous-sols, terriers).

L’exclusion et la gestion des ressources sont essentielles (la base de la lutte est l’herméticité du bâtiment) :

  • Boucher les points d’entrée : Colmater tous les trous et fissures visibles pour empêcher les rongeurs de pénétrer dans le bâtiment.
  • Gérer les déchets : Les ordures doivent être stockées dans des conteneurs hermétiques, bien fermés, et gérées correctement pour réduire l’accès à la nourriture.
  • Stocker la nourriture : Les fruits, graines et autres denrées doivent être stockés dans des contenants hermétiques (plastique dur ou métal) et non laissés à l’air libre.
  • Éliminer les sources d’eau : Supprimer les points d’eau stagnante, car les rats ont un gros besoin en eau.

Il est important de noter que le Rat brun est très intelligent et méfiant (néophobie). Il évite tout ce qui est nouveau, comme les pièges ou les aliments inconnus. Il peut même se souvenir d’un aliment qui l’a rendu malade pendant plusieurs jours.

Un professionnel utilise une stratégie de gestion intégrée des nuisibles qui combine plusieurs méthodes efficaces.

  1. Inspection et Diagnostic : La première étape est un audit complet du site pour identifier l’espèce, la source de l’infestation (l’endroit où ils nichent) et les points d’accès (faiblesses du bâtiment).
  2. Exclusion et Nettoyage : Mise en place immédiate de mesures d’exclusion (bouchage des failles) et de protocoles de nettoyage pour supprimer les sources de nourriture et d’eau.
  3. Lutte Mécanique (Piégeage) : Utilisation de pièges mécaniques (monocapture ou multi-capture) et de postes d’appâtage non toxiques pour capturer les rongeurs. Cette méthode est souvent préférée pour les souris car elles sont moins méfiantes. Pour les rats, le piégeage est possible mais nécessite patience et ingéniosité.
  4. Lutte Chimique (Rodenticides) : Si la population est importante, on utilise des appâts toxiques, appliqués strictement dans des postes d’appâtage sécurisés (boîtes fermées à clé et étiquetées).
    • Les produits modernes (anticoagulants AVK) provoquent la mort de manière différée (plus de 4 jours). Ce délai est crucial pour contourner la méfiance du rat et garantir l’efficacité du traitement sur toute la colonie.
    • L’utilisation d’appâts toxiques en continu (appâtage permanent) est désormais interdite dans un cadre préventif professionnel pour limiter les risques environnementaux et l’apparition de résistances.

Le professionnel doit s’assurer que l’appât est placé sur le chemin entre le nid du rongeur et sa nourriture habituelle, et non pas directement à côté de sa source de nourriture principale, afin de maximiser la consommation.

Il existe des différences physiques et de comportement qui aident à identifier le nuisible :

Souris domestique (Mus musculus)

  • Taille/Poids : Très petite, pesant entre 10 et 25 grammes
  • Longueur de la queue : Environ la même longueur que le corps
  • Habitat préféré : Tout endroit caché, y compris tiroirs et placards. Territoire très restreint
  • Déjections : Très fines, souvent dispersées autour des lieux de nidification ou de nourriture

Rat noir (Rattus rattus)

  • Taille/Poids : Petit à moyen, pesant entre 150 et 200 grammes
  • Longueur de la queue : Plus longue que le corps (lui sert de balancier)
  • Habitat préféré : En hauteur (greniers, charpentes, faux plafonds). Préfère les lieux secs et chauds
  • Déjections : En forme de goutte d’eau, plus petites que celles du rat brun

Rat brun (Rattus norvegicus)

Les rongeurs sont obligés de ronger pour une raison simple et vitale : leurs incisives poussent continuellement. S’ils ne les usent pas en rongeant, leurs dents deviennent trop longues et peuvent causer des problèmes de santé graves.

  • Ce besoin de ronger est constant, même s’ils n’ont pas faim.
  • Leurs incisives sont extrêmement dures et peuvent s’attaquer au PVC, à l’aluminium, et parfois même au béton.
  • Les dégâts sur les installations électriques sont particulièrement préoccupants : le rongement des câbles peut provoquer des courts-circuits et explique une grande partie des incendies.

Bien que le rat et la souris domestique soient les principaux « rongeurs commensaux » (ceux qui vivent aux dépens de l’homme), d’autres espèces peuvent s’introduire :

  • Le Mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) : Ce rongeur est typique des parcs, bois et jardins, mais il est courant de le retrouver dans des structures comme les greniers ou les garages. Il est attiré par les graines et les fruits.
  • Le Campagnol des champs (Microtus arvalis) : Il est principalement connu pour ses dégâts sur les cultures (racines d’arbres fruitiers, légumes). Il creuse des réseaux complexes de galeries sous terre. Bien que moins porté à vivre dans les pièces habitées que la souris, sa présence autour de la maison indique un risque, en particulier si vous avez un potager ou des arbres.

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